L’Europe retrouvera-t-elle sa place dans l’espace après l’avoir perdue neuf mois plus tôt ? Cette question trouvera sa réponse le mardi 9 juillet à 20h à Paris et à 15h à Kourou, en Guyane française. À ce moment-là, le Centre spatial guyanais disposera d’une fenêtre de lancement de trois heures pour tester la nouvelle fusée Ariane-6. Ce programme, lancé en décembre 2014 par l’Agence spatiale européenne (ESA), arrive enfin à son terme, avec un retard de quatre ans par rapport au planning initial.
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- Initialement prévu pour contrer l’offensive d’Elon Musk et SpaceX, Ariane-6 devait proposer des prix de lancement deux fois moins élevés que ceux d’Ariane-5 pour rester compétitif.
- Le premier vol inaugural était initialement prévu pour le 21 juillet 2020, date anniversaire de la mission Apollo 11, mais a été repoussé à plusieurs reprises en raison de problèmes techniques et de la pandémie de Covid-19 en 2020.
- Les retards et les difficultés techniques ont entraîné des tensions entre la France et l’Allemagne, principaux contributeurs au projet avec des participations respectives de 55,3 % et 22 %.
- Un accord financier a été finalement conclu lors du sommet de l’ESA à Séville en novembre 2023, avec un engagement à assurer la viabilité à long terme du lanceur en réservant quatre vols par an pour des besoins institutionnels, militaires ou scientifiques.
- Ariane-6 est conçu pour effectuer environ 10 vols par an, visant à récupérer la part de marché perdue face à SpaceX et à garantir une alternative européenne dans le domaine des lanceurs spatiaux.
- La conception d’Ariane-6 vise à offrir une plus grande flexibilité d’utilisation et des coûts de lancement réduits, répondant ainsi au défi posé par les fusées Falcon-9 de SpaceX.
- Le lancement de mardi sera crucial pour évaluer la capacité d’Ariane-6 à remplir ses objectifs en termes de performance et de fiabilité, tout en répondant aux attentes du marché spatial mondial.
- L’ESA espère que le succès de cette mission marquera le début d’une nouvelle ère de compétitivité pour les lanceurs européens sur le marché mondial.
